Matinale inaugurant une nouvelle grille de programme, la musique est devenue un peu plus « funky » après le long slow langoureux devant les côtes floridiennes ! Et le rythme va s'amplifier façon « rock & roll » puisque la flotte va accrocher la dépression tropicale Alberto qui pourrait accompagner la flotte au moins jusqu'au week-end prochain. Tout a commencé devant Miami avec un tempo lent à quatre temps : du courant avec le Gulf Stream à deux milles des côtes, du clapot avec les nombreux bateaux spectateurs, des grains avec un ciel chargé et orageux, du vent très faible et parfois même quasi inexistant jusqu'à la fin du parcours préliminaire.
Quand c'est trop, c'est tropical...
Après cette valse mélancolique où Groupama 4 et Abu Dhabi dansaient collé serré pour quitter Miami Beach, c'est en milieu de nuit dernière que la grande ligne droite vers le Nord a dû s'incurver. Après 12 heures de course au contact, le vent de secteur Est-Nord Est d'une douzaine de noeuds a brutalement basculé au Sud-Ouest à l'approche d'une petite dépression en formation au large de la Caroline du Sud. D'une dizaine de noeuds, la brise est très rapidement montée à plus de 25 noeuds avec des rafales à 35 noeuds et plus sur une mer déjà bien formée par le courant du Gulf Stream. Mais ce n'est pas cette mini perturbation que les navigateurs cherchent mais 500 milles plus au Nord-Est, la tempête tropicale Alberto qui va suivre une trajectoire parabolique extrêmement intéressante pour traverser à vitesse grand « V » l'Atlantique.
Il faut donc aller vite, voire très vite ces prochaines heures pour contourner par l'Est le premier centre dépressionnaire qui reste assez statique au large de Charleston. Après un swing syncopé dans un flux de Sud-Ouest musclé, la difficulté va être de traverser la piste sur un air plus cool afin d'accrocher « Albert » et son tempo « heavy metal » ! Car c'est plutôt du 35-40 noeuds que ce système déversera d'ici 36h dans le Sud des bancs de Terre-Neuve. Et comme souvent derrière ces tempêtes tropicales, le vent est sucé et il ne reste plus beaucoup de « décibels » pour les retardataires...
Désaccords harmonieux
D'ores et déjà, les Chinois ont le « blues » : ils concèdent près de vingt milles et ne peuvent suivre le rythme des « rockers » qui alignent des moyennes supérieures à 23 noeuds ! Et surtout il y a déjà des dissonances navigatrices. Groupama 4, leader depuis le milieu de cette nuit « blanche » à lune noire, s'est radicalement démarqué de ses adversaires. Franck Cammas et ses hommes n'ont pas voulu prendre le risque de raser le centre de cette première dépression et se sont décalés plus au Nord-Est où le vent est un peu plus soutenu et surtout plus régulier. Il y a donc déjà un coup stratégique en cours puisque le peloton est resté groupé...
L'important semble en effet de gagner au maximum dans l'Est pour se rapprocher de l'anticyclone des Açores qui va être compressé par « Alberto ». Or cette dépression tropicale se déplace à plus de 25 noeuds vers le Nord-Nord Est et les VO-70 ne sont pas assez rapides pour suivre sa trajectoire. Il leur faut donc attraper la « queue », c'est à dire le front associé qui s'incurvera obliquement sur l'Atlantique. Les prochaines 24h sont donc capitales pour se placer favorablement par rapport à ce phénomène véloce car les leaders d'alors auront de meilleures conditions de navigation : vent plus stable, mer plus organisée, ciel moins chargé. En tous cas après une journée de mer, « DJ Francky » et son groupe donnent le « la » de ce prélude en lutte majeure !
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