Des trous, il y en a eu ! Au moins neuf depuis le départ du Brésil... Et il en reste un dernier à négocier avant Miami. Et pour l'instant, personne n'a réalisé un « eagle », même si les Américains sont bien partis pour faire « birdie ». Il faut dire que le terrain de jeu était assez « rough » au point que Groupama 4 s'est enferré dans plusieurs « bunkers » depuis Itajai. Mais grâce à un joli « swing » dans l'archipel des Bahamas, Franck Cammas et ses hommes peuvent encore finir par un « par » alors que les Espagnols sont tombés dans le « dropping » au-dessus des Caïques. Désormais sur le « fairway » en compagnie de Puma et de Camper à portée de « putt », le voilier français est encore bien placé pour un « chip » avant le Gulf Stream.
Un Puma à l'île Cat
Avec un vent qui s'effondre à moins de quatre noeuds, il devient difficile d'envisager une stratégie très constructive et l'objectif des équipages est avant tout de progresser, même si parfois le cap s'écarte de plusieurs dizaines de degrés de la route directe. Avancer s'est d'abord se rassurer par rapport aux adversaires sur une mer aussi lisse qu'un « green » en prévision de l'installation de la brise, ce qui est prévu pour la nuit prochaine. En attendant, le barreur regarde ses répétiteurs de vent et de vitesse, les régleurs jouent sur les écoutes, le navigateur observe à la jumelle la moindre ride sur l'eau. En ce mardi après-midi, les Américains tiennent toujours la corde en glissant dans une brise très faible le long de l'île Cat, avant-dernière terre avant d'embouquer le chenal de la Providence...
Et campés sur leur position de dauphin, les néo-Zélandais tentent de les déborder par le Sud avec quatorze milles de retard. Une position qui pourrait s'avérer délicate car Groupama 4 n'est plus qu'à vingt milles de Camper et arrive à glisser un noeud plus vite. Surtout que Franck Cammas et son équipage ont toujours la possibilité de passer sous l'île Cat où la pression est un peu plus soutenue... Un dernier « swing slicé » avant de sortir du trou de vent ?
Le bilan d'Eleuthera
Or il faudra certainement attendre la nuit et sa lune resplendissante pour que le vent daigne enfin souffler plus régulièrement à une petite dizaine de noeuds de secteur Sud-Est. Et cette nouvelle brise va arriver par l'Ouest : il faut donc essayer de se décaler le plus possible du côté des îles coralliennes pour démarrer en premier. Mais le dilemme est clair comme l'eau du lagon : d'un côté, une option stratégique pourrait permettre un retour gagnant sur les néo-Zélandais ; de l'autre, il est préférable tactiquement d'assurer une place de troisième en contrôlant les Espagnols à seulement seize milles derrière !
Car une fois le phare au Nord de l'île Eleuthera paré (à 120 milles de l'étrave de Groupama 4), le final s'annonce moins tordu que ces jours précédents : un flux de secteur Sud d'une douzaine de noeuds ne va pas permettre d'option car les navigateurs doivent déborder les récifs coralliens des Biminis avant de s'engager dans la dernière ligne droite vers Miami. Là il y a tout de même le courant océanique du Gulf Stream à gérer mais comme il ne restera qu'une cinquantaine de milles, il ne faut pas s'attendre à de grands bouleversements à moins que les équipages naviguent en contact très rapproché. Une brise modérée sera au rendez-vous et il n'y aura normalement pas de surprise de dernière heure. C'est donc le passage au Nord des Bahamas qui va très certainement déterminer la hiérarchie finale de cette sixième étape à rallonge. À Franck Cammas et ses « caddies » de planter leur « tee » pour un ultime « pitch » vers le drapeau final !
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