giovedí, 26 marzo 2026

VOLVO OCEAN RACE

VOR: Groupama 4 a passé en tête

vor groupama pass 233 en 234
redazione

Après une semaine de très gros temps, Franck Cammas et ses hommes sont bien installés en tête d'une flotte en partie décimée par la dépression australe qu'elle a suivie dans un flux de Sud-Ouest de trente à soixante noeuds. La zone de glaces ayant été arrondie ce mardi matin, Groupama 4 pourrait empanner dans la soirée (heure française) sous grand-voile à un ris et gennaker de brise, sur une mer en cours d'organisation. Il faut encore être sur ses gardes car les vagues croisées sont le véritable danger de cette navigation sur le 55° Sud !

« On aurait aimé que ça se passe plus facilement, et c'est à la hauteur de ce que nous avions imaginé. On a eu une nuit difficile avec une mer à nouveau très grosse. Il a encore fallu lever le pied pour ménager le bateau et les hommes.
C'est la semaine la plus rude depuis le départ de la Volvo Ocean Race. Nous étions plus en condition de survie qu'en régate. L'eau est à 5°C en ce moment : vivement qu'on passe le cap Horn et qu'on remonte, parce que nous sommes assez avancés en saison et dans le Pacifique Sud, ce n'est pas le moment le plus agréable pour naviguer ! » déclarait Franck Cammas lors de la visioconférence de ce mardi midi.

Les frimas du Grand Sud

Dans la brise qui souffle à plus de trente noeuds et dans une mer qui se lève parfois à près de huit mètres, le paramètre le plus contraignant est le froid : la zone des glaces n'est qu'à quelques centaines de milles de Groupama 4. Le thermomètre d'eau de mer descend parfois en dessous de 5°C, confirmant la proximité des icebergs. Mais ceux-ci sont désormais dans le tableau arrière du voilier français. La journée de mercredi s'annonce donc plus agréable si ce n'est plus chaude ! La brise va s'apaiser légèrement (en dessous de 30 noeuds) et les vagues vont devenir moins vicieuses, au fur et à mesure que Franck Cammas et son équipage vont se rapprocher du Horn. La composante Nord-Ouest que va prendre le vent ces prochaines heures sera aussi un facteur bonifiant. Il fera moins froid et l'angle de navigation vers le détroit de Drake sera plus favorable.

« La limite des glaces nous a évité la tentation d'une route plus Sud vers le coeur de la dépression.
Cela nous a écarté des dangers d'une brise plus forte et d'une mer plus grosse. C'était un souci de moins de ne pas se poser la question de naviguer au milieu des glaces... Même si en ce moment, nous ne sommes pas très loin des icebergs : Jean-Luc Nélias nous en a montré deux gros dans notre Ouest. Nous avons pu, avec Puma, raser cette limite. Nous avons depuis renvoyé le gennaker lourd et notre route est libre jusqu'au cap Horn. »

Un duel jusqu'au Brésil

Côté course, Franck Cammas et ses hommes ont lâché un peu de lest en cette dernière journée pour deux raisons : il fallait d'abord respecter la marque virtuelle des glaces, ce qui a obligé les barreurs successifs à forcer le cap pour ne pas avoir à empanner. D'autre part, la position de leader permet de mieux gérer les efforts de l'équipage pour ménager des pauses et régénérer les corps.
Si Puma n'est plus qu'à trente-cinq milles, il va falloir qu'il suive le rythme plus soutenu que Groupama 4 s'apprête à tenir...

« Je ne suis pas étonné de la casse. Nous avons, nous aussi, eu un problème sur l'étrave avant d'arriver à Auckland. C'est une zone extrêmement sollicitée dans la mer croisée. On est obligé de passer entre 18 et 20 noeuds pour tenir le rythme et c'est forcément un risque pour la structure.
Depuis le départ, les conditions ont été très dures pour les bateaux, notamment dans la partie devant le mât. C'est évidemment dommage que d'autres concurrents soient handicapés par la casse, mais cela fait partie de la Volvo Ocean Race.
Nous avons ménagé Groupama 4 dès le départ et cela ne nous a pas empêché d'avoir aussi des avaries, en particulier la première nuit avec notre problème d'émerillon de foc de brise. A cause de cela, nous avons dû gérer une voie d'eau par le vérin d'étrave : nous avions au moins une tonne d'eau à l'avant sur le bord de débridé vers les mers du Sud...
Puis Phil Harmer s'est fait mal deux fois à l'épaule : il n'est pas sûr qu'il puisse faire la prochaine étape. On fait des check-up régulier à l'avant, dans le mât et sur la coque pour vérifier que tout va bien, qu'il n'y a pas de voie d'eau. En fait, nous sommes toujours derrière le centre de la dépression et ce n'est pas la meilleure situation : il vaut mieux être devant ! Là, nous avons une mer croisée depuis une semaine, du vent soutenu et très instable avec des grains, et ça va durer jusqu'au cap Horn.
Il faut être très concentré à la barre... On est tous un peu stressé. »

La délivrance vendredi soir

Encore trois jours de navigation animée avant de tourner à gauche vers le Brésil ! Si demain mercredi s'annonce plutôt rapide et un peu plus confortable à vivre à bord de Groupama 4 (tout est relatif !), la soirée de jeudi se présente sous des augures moins favorables.
Une nouvelle dépression arrive par le Nord-Ouest et va passer le cap Horn en même temps que les deux leaders. Un front assez violent devrait balayer la zone en approche de la cordillère des Andes, ce qui n'est jamais bon. Les grains vont se succéder et la mer sera très désorganisée avec la remontée des reliefs sous-marins. Il vaudra donc mieux arriver par le Sud-Ouest que par l'Ouest dans le détroit de Drake. Mais ce phénomène va passer très rapidement, laissant derrière lui un ciel de traîne de Nord-Ouest et une brise de 25 à 30 noeuds.

« On a claqué 32 noeuds dans un surf, mais ce n'était pas l'objectif d'aligner des scores ! On a toujours gardé une voilure raisonnable et c'est plus difficile d'aller doucement que vite... Ce ne sont pas des conditions de record de vitesse : il faut naviguer en souplesse dans ce style de mer, comme sur un multicoque. L'expérience du trimaran Groupama 3 est sans conteste un plus, nous avons l'habitude de trouver le bon tempo sans danger. Les monocoques sont plus lourds et encaissent plus d'efforts en étant moins volages. Nous n'utilisons donc pas toute la puissance du bateau et depuis 24 heures par exemple, nous ne mettons pas la quille au vent au maximum pour diminuer la charge. Mais à la barre, nous prenons souvent beaucoup de plaisir, parce que nous sommes en tête, et que nous n'avons pas tous les jours la chance d'avoir de telles conditions. C'est toujours mieux la journée que la nuit où on ne voit rien du tout ! Faire glisser un bateau de quinze tonnes sur une vague de dix mètres, c'est fabuleux... »


Classement de la 5ème étape entre Auckland et Itajaï, le 27 mars 2012 à 1300 UTC

1/ Groupama 4 à 3112,3 milles de l'arrivée
2/ Puma à 37 milles du leader
3/ Telefonica à 313,9 milles du leader
4/ Camper à 856,6 milles du leader
5/ Abu Dhabi à 1415,4 milles du leader
6/ Sanya : Abandon


27/03/2012 20:09:00 © riproduzione riservata






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