Franck Cammas et ses hommes ont réussi à contenir les attaques espagnoles jusqu'à l'arrivée à Miami, la ligne étant franchie ce jeudi à 2h30 (heure française). Ce résultat en demi-teinte pour Groupama 4 est tout de même une bonne opération puisque le voilier français conserve sa deuxième place au classement général et n'est plus qu'à onze points de Telefonica...
C'est probablement l'étape la plus stressante qu'aient connu Franck Cammas et son équipage ! Car depuis le départ d' Itajai il y a 17 jours 07 heures 29 minutes, Groupama 4 s'était fait distancer en raison d'une brise qui partait par devant, favorisant les leaders qui cumulaient jusqu'à 157 milles d'avance au large du Brésil... Mais les Français n'ont jamais lâché et ont réussi progressivement à remonter et à dépasser Abu Dhabi avant les Antilles, puis tenté une option courageuse qui a porté ses fruits quand les Espagnols ont dû empanner pour se recadrer au large des Caïques.
Incertitude jusqu'à l'arrivée
Si les deux leaders américains et néo-Zélandais étaient imprenables, Groupama 4 était une nouvelle fois mis en ballottage lorsque les Espagnols ont contourné l'île Cat par l'Est quand Franck Cammas et ses hommes étaient bloqués dans une zone de calme à l'Ouest. L'écart s'est resserré à moins de deux milles avant que la brise ne daigne souffler sur les Bahamas. Avec seulement une dizaine de milles de marge au passage de l'île d'Eleuthera, à 130 milles de l'arrivée, le duel était encore très ouvert puisqu'il fallait négocier le courant du Gulf Stream et un vent qui tournait au Sud-Ouest en mollissant. Telefonica tentait un dernier coup en se décalant au vent, mais Groupama 4 arrivait tout de même avec 37 minutes de marge à Miami !
« Nous sommes évidemment frustrés parce que ne pas pouvoir se battre pendant trois semaines pour la première place, ce n'est pas facile à vivre. Heureusement, la dernière semaine a été plus positive quand nous sommes revenus sur Abu Dhabi, puis sur Telefonica : finalement nous faisons une bonne opération au classement général. On finit bien cette sixième étape, mais on l'a tellement mal commencée que pendant une dizaine de jours, on se demandait ce qu'on faisait là ! Nous avons réussi à rester calmes et concentrés pour faire avancer le bateau en attendant une éventuelle opportunité. Nous n'avons pas été bons les premiers jours de course : nous ne sentions pas le bateau et nous n'avions certainement pas les bons réglages. Nous nous sommes remis dans le match avec quelques bonnes décisions qui nous ont remotivés. Nou terminons devant les Espagnols qui naviguent toujours très bien, même si c'était très serré jusqu'à l'arrivée ! C'était l'étape la plus facile physiquement malgré la chaleur, mais la plus stressante depuis le départ d'Alicante... Il y a unregroupement au classement général puisque quatre bateaux peuvent encore prétendre à la victoire finale à Galway : tout est encore ouvert et la bagarre va continuer ! » déclarait Franck Cammas à l'arrivée à Miami.
« C'est l'étape la plus difficile mentalement depuis le départ de la Volvo Ocean Race ! Ce qui me plaît beaucoup, c'est que j'ai appris quelque chose de différent à chaque manche, et là notamment sur la fin, nous avons réussi à revenir dans le match grâce à deux belles options de Jean-Luc Nélias et Franck Cammas. Rester devant un équipage comme celui de Telefonica, il faut s'accrocher très fort... Encore hier soir, on avançait à 1,2 noeuds avec 1, 2 noeuds de vent : nous étions désespérés ! Et même dans le Gulf Stream, nous pouvions encore tout perdre puisque nous avons pris un très gros grain qui pouvait faire basculer le résultat. Heureusement que la course se finit comme ça, parce que cela va faire un énorme souffle positif pour l'équipage. » indiquait Thomas Coville, chef de quart de Groupama 4.
« Il y avait énormément d'algues du côté des Bahamas qui se prenaient dans les safrans et la quille en ralentissant le bateau : normalement, on fait une marche arrière mais comme les conditions étaient excellentes et que le bateau n'allait pas trop vite, c'était plus rapide de sauter à l'eau pour les enlever à la main ! Ce n'était pas désagréable vu la température de l'eau... Cela n'a pas été évident de rester rapide quand on avait un coup sur le moral en étant derniers. On est tout de même satisfait du résultat, mais déçu d'avoir fait la majorité de la course derrière. Heureusement, il y a eu des ouvertures dans ces alizés mal établis. » analysait Charles Caudrelier à Miami.
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